Mondial du Modélisme

A la veille du prochain Mondial du Modélisme du 6 au 9 juin 2013 un petit état des lieux de la précédente édition qui se tenait à Paris, Porte de Versailles permettra de motiver les troupes.

Un fabuleux espace de découverte et d’émerveillement pour les non initiés, et en particulier un excellent prétexte pour pousser les plus jeunes à sortir la tête des consoles, et faire une incursion dans le vrai, le palpable, et le rêve matérialisé.

Lequel d’entre nous n’a pas un jour « visité la capitale » pour profiter du Salon du Modélisme, portant encore des culottes courtes, accompagné par son père ou même tous les membres de la famille, et n’est pas reparti avec un petit avion balsa en trois planches ou pour les plus chanceux, muni d’un véritable fagot de bois à monter sur la table de la cuisine ?

Oui ce type de salon existe pour insuffler la graine de modéliste dans les plus jeunes têtes, et sortir le plus simplement du monde le pilote chevronné des protocoles de programmation S-Bus de son dernier Jet, et des réglages du dernier Gyro 3D sur le tube de queue du 600 qui tarde à se finaliser après un long montage.

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Une bulle pour s’aérer…

Vous l’aurez compris le Mondial du Modélisme représente une bulle multi-axes dans le monde du jouet, du modélisme, de la robotique, sans pour autant prétendre concurrencer des incontournables comme Nuremberg pour le plus récent par exemple. Au contraire, un esprit populaire au sens noble du terme règne sur ce salon, attirant par sa proximité géographique de nombreux passionnés de la capitale et alentour, mais également beaucoup de provinciaux pour qui ce salon demeure un phare dans la morosité ambiante.

Ludique, voilà le mot le plus approprié pour décrire cette énième édition d’un salon qui conserve une aura certaine, même si ce n’est pas l’endroit où vous trouverez la pièce hyper pointue pour votre hélico petit gros, ou les durites kérosène de tuyère du petit dernier.

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Attention, des hélicos il y en avait; dans la cage des démonstrations et pas des moindres, avec l’équipe du Fun Fly Club et les vols 3D de Jean Paul, le Blue Thunder de Eric Méaux faisait aussi son show dans ce petit espace, avec l’odeur… hum…

 

On peut toucher ?

Le club Aquilon présentait quant à lui ses multis. Tout ce petit monde s’exposait pour la plus grande joie des visiteurs, et même plus, car à l’extérieur de la cage, les modèles, pratiquement à portée de mains le long des allées, laissaient les passionnés s’approcher. Quel meilleur moyen pour les pilotes et constructeurs de communiquer leur passion au visiteur avide de découvrir ce nouveau monde ?

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Mais alors…

Injuste ? Oui, je le suis un peu, car au-delà des désirs de retrouver un petit Nuremberg, qui, il ne faut pas se voiler la face, relève d’une ambition tout à fait différente, ce Mondial laissait entrevoir des perles pour qui s’intéresse aux multi-rotors improprement appelés « les drones ».

Multi-rotors, multi-rotors, encore du jouet allez-vous penser… Point de coaxiaux montés sur de petits châssis RTF à pile et radio commande façon manette Sega, enfin si, il y en avait beaucoup, voir énormément, mais c’est un peu la rançon du succès des voilures tournante axées grand public, peut-être une manière de montrer la voie vers les futurs modèles CP un peu plus tard…

Fabuleuse Zenmuse !

Bref, revenons aux multi-rotors, la gamme DJI était présenté avec les dernières nouveautés du moment, en particulier ce panzer de stabilité, le S800 contrôlé par du Wookong M, accompagné d’une exclusivité, la nacelle Zenmuse Z15, fabuleuse de stabilité pour les prises de vue photo, mais qui, ”arf”, laisse présager le meilleur en vidéo !
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Oui ces productions asiatiques représentent à l’heure actuelle ce qui se fait de mieux pour l’utilisateur qui cherche à assembler un multi, assisté d’un contrôleur de vol GPS et de stabilisation, relativement simple à mettre en œuvre et redoutablement performant au sortir de la boite.

Trêve de multi-rotors, bien que ce soit mon dada comme vous avez dû le comprendre.

Shopping & échoppes

Quelques grands noms étaient présents avec Horizon Hobby et Euromodel représentant Spektrum et Blade en force, Fun RC Toy et leur démonstrateurs malicieux qui s’amusaient avec le public à l’aide des Blade MQX et MCPX, et présentaient une belle gamme d’appareils et radios pour le modéliste averti, dont un Multi X8 Xaircraft X650-V8. Maquette du Plaisir proposait une gamme plus axée jouets répondant ainsi à l’écho de ce dernier salon du modélisme durant lequel de nombreuses jeunes passions ont très probablement vu jour.
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Le salon de la découverte

Dans cette atmosphère très détendue, certaines niches sympathiques au détour d’un virage, d’une allée, laissait entrevoir tout un monde qui gravite autour d’une même passion. Pour ne citer que quelques uns de ces domaines, on peut évoquer la robotique et les automatisations représentés par l’association Caliban et Teknobot, le vol battu avec Mybionicbird (étonnant), des sculptures tout acier signées Art Metal qui, avec un paquet de 50 kg de boulons peut créer un Terminator plus vrai que nature, et bien sûr j’oublie tous les autres domaines ferroviaires et diorama, voitures RC dans la boue et sur le dragway…
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Belle occasion de se détendre les neurones, seul ou accompagné de vos lutins, un salon tel que le Mondial du Modèlisme reste incontournable et doit continuer à promouvoir ces hobbys qui nous habitent et nous occupent depuis notre premier bout de balsa acquis au « salon ».

Pascal Legrand

 

Les trèfles à Quad feuilles

2004-2012 : 8 ans après ma première visite, je vais découvrir l’évolution des drones au salon Eurosatory de Paris Villepinte. Ce salon réservé aux professionnels de l’armement regroupait en 2004 un pôle UAV qui était assez prometteur.

Huit éditions plus tard, l’on pouvait s’attendre à un foisonnement d’appareils en tout genre, prairie de multirotors tels des trèfles à « quad » feuilles, cultures d’hélices à petits et grands pas, une représentation à l’image de la présence qui se fait de plus en plus remarquer sur le petit écran 16/9 de nos séjours…

Surprise, le marché est toujours bien présent, mais visiblement il s’est plus étoffé par sa qualité que par la quantité. Les systèmes sont devenus matures, principalement au niveau pilotage automatique.

Ce n’est pas de la science-fiction, c’est ici est maintenant.


Pour être circonstancié, deux grandes catégories d’utilisateurs de drones sont dorénavant représentés sur le territoire national : les professionnels et les aéromodélistes. Mais avant de développer cet aspect des choses, posons-nous ”LA” question, celle qui risque fort de préoccuper bon nombre d’entre nous très prochainement : à l’heure Européenne, pourquoi s’imposer une exception franco-française ? Une simple réponse à l’adresse des modélistes que nous sommes laissera un goût amer et pourtant inévitable : les nouvelles directives publiées le 10 mai au Journal Officiel.
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Mais pour l’instant revenons à ce salon incontournable, Eurosatory.

Eurosatory est une vitrine internationale de tous les matériels militaires à la pointe de la technologie, il est particulièrement important d’y montrer les caractéristiques les plus probantes et les capacités impressionnantes de chaque matériel. En cela, les démonstrations effectuées en indoor auprès du pôle drone, Hall 5, regroupaient les machines volantes, mais également les véhicules autonomes terrestre de petite taille. Soyons objectifs, les démonstrations volantes n’étaient qu’un tout petit aperçu des capacités réelles des UAVs présentés. Bien sûr, les dimensions réduites de l’espace de démo y étaient pour quelque chose, mais peut-être que les perspectives novatrices qu’ouvrent ce type d’appareils demandent à être assimilées graduellement par le public, pourtant constitué de professionnels, et que le concept même d’inclure ces machines volantes dans notre vie quotidienne peut sembler aussi lointain que dérangeant… Pourtant, nous nous y dirigeons à grand pas !

UAV et UVS quésako ? Descriptifs et performances de nos drones du jour…

Les drones à voilures tournantes présents à cette édition de Eurosatory peuvent être séparés en deux grandes catégories, avec d’une part le profil hélicoptère CP et d’autre part le concept du multirotors.
Pour la première catégorie, les systèmes embarqués sont composés de la cellule motorisée qui pour la plupart d’entre eux relève du domaine thermique. Leur autonomie et rayons d’action paraissent fabuleux, avec des distances de missions atteignant 25 Km !

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Le Spider XL de SESP Group une autonomie de 25km et une charge de 8kg pour cet hélico CP de 1,80…

Mécaniquement parlant, nous sommes en terrain connu, tête de rotor à barre de bell, anti couple, châssis, et globalement toute l’architecture ressemble à ce que nous avons coutume d’utiliser. La différence principale réside au niveau pilotage, qui est fondamentalement différent de ce que nous pouvons connaître. Ces aspects de haute technologie ne sont pas dévoilés publiquement, et pour cause, puisque l’intelligence même de ces systèmes repose très exactement sur les automatismes de ces UAVs.

UAV signifie ”Unmanned Aerial Vehicle” qui est le principe englobé sous l’appellation UVS ”Unmanned Vehicle Systems”. En d’autres termes, des appareils volants non habités pour le premier des acronymes, et Système de véhicules non habités pour la seconde abréviation.
Pour schématiser, ce sont tous les véhicules totalement ou partiellement autonomes, qui peuvent remplir une mission.

Y a t-il un pilote derrière cet écran ?

Les automatismes sont tels qu’un hélico ainsi conçu, est capable de manière autonome, selon la mission qui lui a été implémentée, de décoller et atterrir ”Takeoff/landing”, de se mettre en stationnaire ”Hovering” et de suivre les Waypoints qui lui sont assignés.

Durant ses périples, les relevés des différents capteurs vidéo, photographique, thermique, infrarouge mais également désignateur laser et rangefinder peuvent opérer automatiquement ou être pilotés à distance par un opérateur.

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La station de pilotage du AR100B qui servait aux troupes allemandes en Afghanistan

L’opérateur pilote de drone UAV, qu’il soit militaire, ou professionnel au service de l’industrie, ou encore soldat du feu, dispose d’une platine de pilotage qui regroupe le retour vidéo de la zone survolée et les commandes. Seul lien avec une machine qui va quelquefois survoler des zones distantes de plusieurs kilomètres, l’écran de retour vidéo est intégré à une console supportant les manches. Disons plutôt LE manche de type joystick, car nous sommes assez loin des radios telles que nous les connaissons.

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Grosse capacité d’emport, mais poids important de 8,5kg l’AR200 AirRobot sert d’autres missions.

Ce joystick trouve son rôle lorsque le pilote veut s’éloigner du chemin préalablement tracé par Waypoints GPS, ou pour reprendre la main sur les automatismes. Les Waypoints sont des points choisis dans un espace en 3 dimensions qui seront rejoints par l’UAV.

A l’heure actuelle, les systèmes rencontrés au salon Eurosatory, peuvent très bien remplir une mission en impliquant au minimum les capacités de pilotage des professionnels qui sont amenés à utiliser ces drones UAVs.

Attention à ne pas interpréter ces informations dans un sens péjoratif. Pour nous, amateurs de pilotage, ces drones sont certes performants mais ils ont quelque peu perdu la fraicheur des appareils orientés aéromodèles des débuts.

UVS France, les UAVs en avance… ou pas ?

Dans la catégorie des UAV multi-rotors, nous allons découvrir que les innovations sont encore plus remarquables.

Les évolutions de ce type de machines concernent non seulement les automatismes communs aux configurations précédemment décrites, mais de manière plus flagrante, les avancées en matière de motorisation brushless et d’autonomie, suivent ou devancent les progrès dont nous bénéficions sur nos machines civiles. Les sociétés présentes sur le pôle ”drones” de Eurosatory sont très impliquées dans la recherche et développement de systèmes. Adhérente de l’UVS International, la branche UVS France dont les membres Novadem*, Fly-n-sense*, Airobot, Infotron pour n’en citer que quelques unes, sont des sociétés très actives dans ces domaines. Certaines se sont impliquées lors des concertations avec la DGAC pour l’édification de la nouvelle loi du 11 avril 2012.

Polyvalent le Scancopter x6 Fly-n-Sens peut porter une charge de 1,2kg. // Novadem qui a participé au développement de la motorisation de l'AR drone Parrot, fournit le marché civil...  // L'Infotron IT180 est un  concept bi-rotor-contra, existant depuis plusieurs années.

Polyvalent le Scancopter x6 Fly-n-Sens peut porter une charge de 1,2kg.
L’Infotron IT180 est un concept bi-rotor-contra, existant depuis plusieurs années.
Novadem qui a participé au développement de la motorisation de l’AR drone Parrot, fournit le marché civil…

Les applications particulières des différents domaines d’évolution de chacun de ces drones à vocation professionnelle, poussent obligatoirement ces sociétés à concevoir des appareils répondant à 100% des besoins de leurs clients. Les contraintes liées à ces R&D aboutissent à l’élaboration de drones tous plus différents les uns que les autres, du plus petit et maniable, aux plus grosses capacités d’emport et de puissance, liées à un pilotage à courte distance, ou à des automatismes Waypoints, les idées foisonnent.


Le carbone comme ligne directrice.

C’est une constante sur ces appareils, des hélices au profil hyper-étudié, au châssis de nacelle pour l’emport et la stabilisation des capteurs embarqués, tous ces éléments sont moulés, découpés, taillés dans la fibre de carbone. Certaines pièces demeurent en aluminium anodisé, ou en titane, mais les maitres mots pour ces modules à destination professionnelle, sont robustesse et légèreté.

Les capacités ne sont rien sans la compacité, ni la mise en oeuvre rapide pour ces drones militaires !

Les capacités ne sont rien sans la compacité, ni la mise en oeuvre rapide pour ces drones militaires !

L’intelligence, à souligner, de certains concepts réside dans la manière de transporter le pack commande + UAV sur le terrain, le déployer rapidement, et l’empaqueter tout aussi simplement.

Dura lex, sed lex

Abordons l’aspect légal de l’utilisation de drones dans notre espace civil aérien. Une nouvelle loi s’est fait jour, appliquée selon un ”Arrêté du 11 avril 2012 relatif à l’utilisation de l’espace aérien par les aéronefs qui circulent sans personne à bord” . Ainsi un appareil télécommandé muni d’une caméra, utilisé professionnellement n’est plus un aéromodèle, mais un aéronef télépiloté… La DGAC est en charge de contrôler les caractéristiques des appareils, et dans certains cas de figure, des aptitudes des pilotes, baptisés pour l’occasion Télépilotes, selon les nouvelles directives publiées le 10 mai au Journal Officiel.

Nous vous en dirons plus au fil du temps mais pour l’heure nous ne débattrons pas du bien fondé de cette nouvelle loi, ni de ses critères d’appréciation, il est maintenant établi que les prises de vue aériennes hors d’un terrain agréé FFAM relèvent des obligations appliquées aux télépilotes professionnels. De nombreux forums ont relayé l’information, les textes de loi sont accessibles sur internet et je vous enjoins de vous renseigner très précisément si vous souhaitez réaliser quelques prises de vue aériennes à l’aide d’un appareil télécommandé quel qu’il soit.

Comme la plupart des domaines aéromodélistes, les UAV profitent des améliorations liées aux motorisations, optimisation des matériaux, concept et design des profils, et particulièrement des Fly Controls qui sont en permanente évolution. La particularité des UAV à destination professionnelle, (c’est une Lapalissade), est qu’ils bénéficient de moyens financiers en recherche et développement hors d’atteinte pour les modélistes que nous sommes; mais quelle magnifique source d’inspiration…

A voir :
Si vous souhaitez participer ou assister à un événement relatif à ces activités concernant les UAVs, je vous recommande de suivre les informations de l’UAV Show Europe. Le dernier s’est déroulé le 26 et 27 septembre 2012 sous l’égide du Technowest de Bordeaux… Rendez-vous à la prochaine édition.


* Novadem qui a participé au développement de la motorisation de l’AR drone Parrot.

* Fly-N-Sense présentait de nombreux modèles à vocations toutes différentes.

Pascal Legrand